Pour rappel, la Commission européenne avait émis, le 17 décembre 2025, un projet de texte concernant le verdissement des flottes d’entreprise, ceci dans le cadre du « paquet automobile ». Les corapporteurs du texte, Tiemo Wölken (S&D, allemand) et François Kalfon (S&D, français), ont présenté, ce 3 juin 2026, leur projet de rapport devant la commission des Transports (TRAN) du Parlement.
Ce rapport est articulé autour de 3 points forts.
1) « L’avenir de la mobilité d’entreprise est électrique »
Insistant sur le fort potentiel d’adoption des véhicules électriques (VE) via les flottes d’entreprise, les corapporteurs proposent de porter à 70 % en 2030 la part de véhicules zéro et bas carbone dits « à faibles émissions » (dont 54% de zéro émission, alors que la Commission fixait ce seuil à 45%), et à 85 % en 2035 la part de véhicules électriques.
Par ailleurs, les corapporteurs veulent inciter les entreprises à immatriculer des vélos d’entreprise pour leurs employés et leurs opérations du dernier kilomètre, les États membres qui mettent effectivement en œuvre des politiques pro-vélo pouvant abaisser leurs objectifs jusqu’à 5 points de pourcentage.
2) « Nous avons besoin de voitures électriques abordables pour les ménages à faibles revenus et les travailleurs »
Les corapporteurs rappellent qu’un VE, « c’est moins de dépendance aux prix du carburant et moins de maintenance, ce qui réduit de fait la facture ». Mais le coût d’achat initial des VE reste un obstacle majeur à une large adoption ; c’est pourquoi les corapporteurs demandent aux États membres d’orienter leurs investissements vers le leasing social, et de soutenir l’adoption de véhicules à émission nulle et à faibles émissions sur le marché de l’occasion. Ils demandent également aux constructeurs automobiles de réorienter leur production vers les modèles plus petits et moins chers, via une extension du « super crédit » aux petites voitures de société. Celles-ci se retrouveront ainsi d’ici 3 ans sur le marché de la seconde main à des prix beaucoup plus abordables.
3) « Les investissements devraient être réorientés vers l’industrie et l’emploi de l’UE »
Les corapporteurs soutiennent fermement l’exigence selon laquelle les nouveaux véhicules d’entreprise doivent être « made in EU » pour être éligibles à tout soutien financier des États membres. C’est pourquoi ils (1) soutiennent la fin des subventions au thermique en 2028, (2) appellent à flécher l’argent public exclusivement vers l’électrique à partir de 2032, et (3) à orienter l’argent public vers des emplois et des industries sur le sol européen.
On attend maintenant que les autres groupes politiques déposent leurs amendements avant l’ouverture des discussions finales au Parlement européen.